Floyd Patterson, un mélange de compétence et de calme

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Né le 4 janvier 1935 à Waco en Caroline du Nord, Floyd Patterson a eu une carrière en dent de scie, passant des heures de gloires fantastiques aux moments de profonde humiliation. Il a été champion olympique aux Jeux d’Helsinki en 1952 chez les poids moyens, champion du monde des poids lourds
de 1956 à 1959 et de  1960 à 1962. En 1956, âgé de 21 ans, il fut le plus jeune champion du monde des poids lourds de l’histoire, record qu’il conservera durant 30 ans. En 1986, c’est Mike Tyson qui battra ce record en devenant le plus jeune champion à 20 ans, 4 mois, 3 semaines et 2 jours. Il se retirera des rings en 1972 avec un palmarès de 55 victoires dont 40 remportées avant la limite, 8 défaites et 1 match nul. Entrainé par Cus d’Amato, Patterson, surnommé « le gentleman des rings », a été est élu « boxeur de l’année » en 1956 et 1960 par Ring Magazine. En 1960, son combat revanche contre Ingemar Johansson est élu « combat de l’année ». En 1965, son combat contre George Chuvalo aura la même distinction. Un homme sensible dans un sport brutal, Patterson était célèbre pour embrasser un adversaire sur la joue après le combat, doutant de lui, hanté par ses pertes et peu convaincus de ses victoires.

Le sentier de la gloire :

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Issue d’une fratrie de 11 enfants, il grandit à New York, dans le quartier de Brooklyn, et passe une enfance difficile. La boxe va le sauver. Débutant talentueux, il se transforme rapidement en élève très studieux, puis en champion amateur. Participant aux JO d’Helsinki, il possède déjà six titres majeurs en amateur. Durant ses jeux, il remporte ses trois premiers combats facilement et se retrouve en finale. Là, il se retrouve face au boxeur roumain Vasile Tiţa. Patterson entame le combat en tournant autour de son adversaire dès le coup de gong, ce qui déconcerte son adversaire et lui vaut un avertissement de la part de l’arbitre. A peine une minute plus tard, il décoche un uppercut décisif qui touche Tiţa au menton et l’envoie au tapis. Il remporte la médaille d’or, et ce sera son dernier combat chez les amateurs, après 40 victoires en 44 combats.

Peu de temps après, il passe professionnel et confirme son talent. Il effectuera son premier combat le 12 septembre 1952 et boxera chez les poids moyens aux poids mi-lourds.  Après une très belle carrière en poids moyens et ne concédant qu’une seule défaite (contestée) en 1954 face à Joey Maxim, Patterson monte dans la catégorie des poids lourds. En fait, cela faisait un moment que cela trottait dans la tête de d’Amato, et quand en 1956, le champion du monde Rocky Marciano a annoncé sa retraite, il était un sérieux prétendant pour le titre. Le 08 juin 1956, il bat Tommy Jackson dans un combat éliminatoire lui permettant d’affronter Archie Moore pour le titre le 30 novembre 1956.  Il mettra KO Moore à la fin de la 5ème reprise et, quatre ans après son titre olympique, il deviendra champion du monde des poids lourds, devenant ainsi le plus jeune champion du monde des poids lourds dans l’histoire, à l’âge de 21 ans, 10 mois, 3 semaines et 5 jours. Il a été le premier médaillé d’or olympique à remporter un titre professionnel dans la catégorie reine.

Il défend victorieusement sa couronne contre Tommy JacksonPete RademacherRoy Harris et Brian London. Le 26 juin 1959, il affonte Ingemar Johansson. Bien que largement favori, Patterson a été battu dans la 3ème reprise, allant sept fois au tapis. Le « gentleman de la boxe » a perdu son titre. Le 20 Juin 1960, a lieu le combat revanche et Patterson bat Johansson par KO dans la 5ème reprise. Il  devient ainsi le premier boxeur poids lourd à regagner le titre. Le 13 mars 1961, les deux boxeurs s’affrontent une 3ème fois. Patterson renouvelle l’exploit en stoppant son adversaire dans la 6ème reprise. Il est resté champion du monde des poids lourds jusqu’à ce qu’il affronte le 25 septembre 1962  Sonny Liston, connu pour ses liens avec la mafia. Dans ce combat, Liston, plus puissant et plus rapide, déborde le champion du monde et le met KO dans la 1ère reprise. Ce fut l’humiliation pour Patterson à tel point qu’il a quitté Chicago avec des lunettes noires et une fausse barbe. Le 22 juillet 1963, il tente de reconquérir son titre de champion du monde dans le combat revanche, mais Liston le met à nouveau KO dans la 1ère reprise.

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Après ses deux humiliantes défaites, Floyd Patterson a connu la dépression. Le 06 janvier 1964, il reprend le chemin des rings en battant Santo Amonti. S’ensuivra une série de victoires, notamment contre Eddie Machen et George Chuvalo. Il peut donc prétendre à un championnat du monde et, le 22 novembre 1965, il affrontera le champion du monde Muhammed Ali. Un combat largement dominé par le champion en titre qui, au lieu d’en finir rapidement, a préféré prendre son temps pour ridiculisé Patterson qu’il traitait d' »oncle Tom » parce que ce dernier s’obstinait à l’appeler Cassius Clay. Ali le battra par TKO dans la 12ème reprise. Par la suite, Patterson battra Henri Cooper, Willie Johnson et Bill McMurray. Il fera match nul contre Jerry Quarry. Ali ayant été destitué de son titre WBA en raison de son refus d’incorporation dans l’armée, la World Boxing Association organise un tournoi éliminatoire pour le titre. Le 28 octobre 1967, Patterson se voit affronter à nouveau Jerry Quarry et perdra ce combat éliminatoire. Il connaitra à nouveau la défaite contre Jimmy Ellis. De 1970 à 1972, il renouera avec la victoire en battant Charley Green, Levi Forte, Roger Russell, Terry Daniels, Charley Polite, Vic Brown, Charlie Harris, Oscar Bonavena et Pedro Agosto. Le 20 septembre 1972, il se retrouve à nouveau sur le chemin d’Ali pour le titre NABF. Floyd Patterson perdra dans la 7ème reprise. Ce sera son dernier combat.

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Le timide Floyd Patterson était un mélange de compétence et de calme, faisant parti des talents rares. Un boxeur rusé et agile connu pour son fameux « gazelle punch » (appris avec Cus d’Amato): un uppercut lancé avec une propulsion sur les jambes que le coup, amplifié en visant le menton, secoue le cerveau et provoque le KO. Sur ses huit défaites, il a subi cinq défaites par KO et a visité le tapis à au moins une quinzaine de reprises. Ce à quoi il avait répondu :

« On a dit que je suis le boxeur qui a été le plus souvent au plancher, mais c’est aussi moi qui ai réussi le plus de KO »

Il a entrainé son fils adoptif Tracy Harris, champion du monde des poids super-coqs. Il est apparu dans quelques séries télévisées, notamment dans Les Mystères de l’Ouest. Il a été officiel de la Commission athlétique de l’État de New York et intronisé à l’International Boxing Hall of Fame en 1991. En collaboration avec le célèbre journaliste de boxe Bert Randolph Sugar, il a écrit un livre sur les techniques de la boxe  Souffrant de la maladie d’Alzheimer depuis quelques années, atteint d’un cancer de la prostate, il meurt le 11 mai 2006 à New Paltz à New-York.

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18 réflexions sur “Floyd Patterson, un mélange de compétence et de calme

  1. Un grand champion trop…bien élevé ! Etait-il un véritable poids lourd ? je ne pense pas ! J’ai eu la chance de voir ses 2 combats contre Johanson (Ingmar)…quels combats !
    Patterson le gentlman…

  2. Ward – barrera ! Barrera invaincu ! Ward monte de cate après une longue absence et pam il ce prend direct un bon boxeur invaincu ! Mr ward !

    1. Ward reste fidèle à lui même. Un champion que beaucoup devrait prendre comme exemple car lui au moins relève les défis. Il va faire la même chose que dans son ancienne catégorie. Voilà comment être reconnu comme un vrai champion, en affrontant les meilleurs. J’espère qu’il aura la même réussite.

  3. ses combats contre Quarry et Ellis et Maxim, bah pour moi c’est une décision contestée. Pour moi Patterson ne méritait pas la défaie

  4. The Gentleman of Boxing, j’adore. Sacré punch, rapide, une élégance sur le ring, et sa fameuse gazelle punch, un régal. Son seul point noir c’était son menton

  5. C’était l’un des plus importants champions du monde des poids lourds de tous les temps en raison de son palmarès et de ce qu’il a apporté à la boxe. Il a su emmené son « bagage » des poids moyens chez les lourds. Je pense que c’est sa personnalité qui lui a fait défaut pour sa popularité. Un grand champion timide et fragile à la fois. Merci pour cette article

  6. Patterson était un champion du monde poids lourds, qui plus est, révolutionnaire. Il a été le plus jeune boxeur à remporter le titre de champion du monde dans la catégorie reine et le premier à le retrouver après l’avoir perdu. Ses 2 défaites face à Liston et ses 2 défaites face au grand Ali resteront gravé à jamais. Malheureusement, il n’a pas été aussi populaire qu’il aurait dû.
    Je ne sais pas si certain l’on lu, sinon je vous le conseille : » « Floyd Patterson: La vie de combat de boxe Champion Invisible »

  7. Un très grand champion qui a eu la chance de croiser la route du célèbre Gus d’Amato. Je me souviens de ses 2 combats contre Liston qui m’ont profondément marqué. Non pas par la défaite car ça fait partie du sport, mais par la destruction que lui a infligé Liston. J’avais mal pour Floyd. Maintenant c’est vrai qu’il a souvent été KD, mais seulement 5 KO durant sa carrière, surtout que chez les lourds ça cogne dur.
    Un grand champion vite oublié et dont on ne parle pas assez comme Jack Johnson et beaucoup d’autres légendes de ce sport.

    1. Oui liston avait les plus grosse main de l’histoire chez les boxeur je croi ! Lui aussi discrédité par Ali et la mafia … Patterson prend deux fois deux roust ( Ali et liston ! ) même si ct humiliant ct deux légende !

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